Autisme: la création d’un centre de référence permettra d’améliorer le diagnostic précoce de ce trouble

Le professeur Madjid Tabti, chef de service de pédopsychiatrie à l’Etablissement hospitalier spécialisé (EHS) de Chéraga, a plaidé pour la « création d’un centre de référence pour la prise en charge du trouble du spectre de l’autisme » pour améliorer le diagnostic précoce de ce trouble et permettre à l’enfant autiste de retrouver ses capacités mentales.

Dans une déclaration à l’APS, à l’occasion de la Journée mondiale de la sensibilisation à l’autisme (2 avril), le Pr Tabti a précisé que « la création d’un centre de référence appuyé par des centres régionaux de prise en charge de l’autisme contribuera à améliorer le diagnostic précoce de ce trouble et permettra à l’enfant de retrouver ses capacités mentales, ce qui facilitera son intégration dans le milieu social », insistant sur l’importance de la formation dans divers domaines en lien avec cet aspect.

Le spécialiste a expliqué que la création d’un tel centre permettra également d’appuyer la recherche scientifique sur l’autisme et de trouver des solutions concrètes pour cette catégorie.

De plus, ce centre accompagnera le Programme national de prise en charge du trouble du spectre de l’autisme et assurera une mission de contrôle et d’évaluation avec l’objectif de mettre en place une prise en charge consensuelle et d’élargir le partenariat avec l’expertise des pays étrangers qui ont fait de grands progrès dans ce domaine.
Le Pr Tabti a, en outre, évoqué les difficultés rencontrées par les familles d’enfants autistes, surtout lorsque ce trouble s’accompagne d’une déficience mentale (30 à 40% des enfants atteints du trouble du spectre de l’autisme).

Le spécialiste a, par ailleurs, souligné la nécessité d’une coordination entre tous les secteurs concernés par la prise en charge du spectre de l’autisme, d’autant qu’il y a une volonté politique en ce sens, comme en témoigne, a-t-il dit, le lancement du Plan national, qui appelle un accompagnement concret sur le terrain par tous et le renforcement des moyens matériels et humains mis à disposition, à l’instar des programmes nationaux concluants tracés par les pouvoirs publics.

Le Pr Tabti, qui est également membre de l’Organe national de la protection et de la promotion de l’enfance (ONPPE), a insisté sur «la nécessité de mobiliser les acteurs concernés par la prise en charge du spectre de l’autisme, comme les secteurs de l’éducation nationale, de la santé et de la solidarité nationale, en vue de dynamiser le programme national et d’améliorer la prise en charge».

 

 

Le spécialiste a, par ailleurs, abordé la difficulté du diagnostic du spectre de l’autisme dont les symptômes ne peuvent être décelés avant six mois et n’apparaissent qu’entre une année et 18 mois chez l’enfant, à travers une difficulté à communiquer et à prononcer les mots, et leurs familles se retrouvent ainsi dans une grande détresse notamment lorsque l’enfant atteint l’âge de la scolarisation.

Le Professeur Tabti a mis l’accent, dans ce cadre, sur la nécessité d’encourager les actions de la société civile, en vue de transmettre les préoccupations des parents qui doivent faire preuve suffisamment de courage et de patience, en vue d’accompagner leurs enfants dans cette prise en charge «qui connaît quelques dysfonctionnements sur le terrain ».

Après avoir expliqué que l’autisme est principalement dû à des facteurs génétiques accentués par des facteurs socio-environnementaux, il a souligné que le nombre de ces enfants est en hausse à travers le monde.

 

APS

 

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